Chaque 31 mars, la Journée internationale de la visibilité trans (TDOV) constitue un temps fort de fierté, de célébration et de revendication pour les personnes trans, non-binaires et queers. Au-delà de l’affirmation de soi, cette journée rappelle que la visibilité actuelle repose sur des décennies de luttes contre l’invisibilisation, les discriminations et la médicalisation forcée.

Coccinelle et les pionnières de la visibilité trans en France

L’histoire de la visibilité trans en France est marquée par des figures courageuses ayant osé affirmer leur existence dans des contextes de forte répression. Dès les années 1950, l’artiste de cabaret Coccinelle (Jacqueline Charlotte Dufresnoy) médiatise sa transition et son intervention chirurgicale réalisée à Casablanca.

En abordant publiquement son parcours à une époque où la transidentité était proscrite et stigmatisée, elle est devenue une pionnière nationale. Son action a ouvert la voie à la prise de conscience collective et à la création des premières solidarités communautaires en France.

Le combat pour la dépathologisation de la transidentité par l’OMS

À l’échelle internationale, l’histoire des personnes trans a longtemps été entravée par la psychiatrisation. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pendant des décennies classé la transidentité parmi les troubles mentaux, alimentant les préjugés et justifiant des discriminations institutionnelles ainsi que des parcours de soins coercitifs.

Après un travail militant acharné à travers le monde pour exiger le respect des droits humains fondamentaux, une étape historique a été franchie :

  • Entrée en vigueur le 1er janvier 2022 : L’OMS a officiellement retiré la transidentité de la liste des maladies mentales dans sa 11e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11).
  • Une nouvelle qualification : La transidentité est désormais enregistrée sous la catégorie « santé sexuelle » sous le terme d’incongruence de genre, mettant fin à la caractérisation psychiatrique.

Préserver l’histoire trans pour protéger les droits fondamentaux

Pour l’association Des Racines & des Queers, documenter cette mémoire et visibiliser les parcours trans d’hier et d’aujourd’hui est essentiel. La visibilité n’est pas un simple slogan, mais une protection collective et un droit humain inaliénable.

Rappeler les victoires juridiques et médicales passées permet de préserver les acquis sociaux et de continuer à militer pour un accès digne et simplifié à l’état civil et aux soins de santé pour toutes et tous.


L’équipe Des Racines & des Queers