Chaque 6 avril, la Journée internationale de l’asexualité (IAD) met à l’honneur les personnes asexuelles (Ace). Cet événement constitue un appel à la reconnaissance d’une orientation romantique et sexuelle encore trop souvent méconnue. Comprendre les revendications de la communauté asexuelle nécessite d’analyser l’évolution de sa prise en compte historique, médicale et associative.

Histoire du mouvement asexuel : de la recherche à l’auto-organisation

L’asexualité a longtemps été reléguée à une existence invisible. L’étude scientifique de cette orientation commence à s’esquisser au milieu du XXe siècle :

  • 1948 (La catégorie X) : Dans ses travaux sur la sexualité humaine, le chercheur Alfred Kinsey introduit la « catégorie X » pour désigner les individus ne présentant aucune attirance ou réaction socio-sexuelle.
  • 2001 (Création d’AVEN) : David Jay fonde aux États-Unis le réseau Asexual Visibility and Education Network (AVEN). Ce rassemblement marque le point de départ de la structuration internationale du mouvement asexuel.
  • L’émergence en France : L’apparition de forums francophones spécialisés puis la création d’associations comme l’Association pour la Visibilité Asexuelle (AVA) ont permis de rompre l’isolement territorial, de créer un vocabulaire propre et de sensibiliser le grand public.

Le combat contre la pathologisation médicale

Pendant plusieurs décennies, l’absence d’attirance sexuelle a été analysée par le corps médical sous l’angle du déficit, du traumatisme ou du trouble psychiatrique. Les personnes asexuelles ont ainsi été confrontées à des tentatives de « correction » médicale ou thérapeutique niant la légitimité de leur vécu.

La lutte des militants et des chercheurs pour la reconnaissance de l’asexualité comme une orientation valide a permis de faire évoluer les grilles de diagnostic :

  • La révision du DSM-5 (2013) : La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) marque une étape décisive en distinguant explicitement l’asexualité du trouble du désir sexuel hypoactif. Cette modification établit qu’une absence d’attirance sexuelle ne constitue pas une pathologie si elle ne génère pas de souffrance psychique propre chez l’individu.

Rendre visible la diversité du spectre asexuel

Pour l’association Des Racines & des Queers, la mémoire et la visibilité des personnes asexuelles s’inscrivent pleinement dans l’histoire globale des luttes LGBTQIA+. Reconnaître la pluralité des orientations sexuelles et romantiques permet de déconstruire la norme injonctive et d’offrir à chaque personne un espace légitime d’existence au sein de la société.


L’équipe Des Racines & des Queers