Au début des années 2000, alors que plusieurs métropoles françaises organisaient déjà leurs cortèges annuels, la capitale européenne conservait une forme de retenue face aux manifestations de visibilité publique. Le 15 juin 2002, le paysage militante alsacien franchit un cap historique avec la tenue de la toute première Gay Pride de Strasbourg.
1 200 pionniers et pionnières dans les rues de Strasbourg
Portée par l’association Festigays, cette marche inaugurale rassemble près de 1 200 personnes sous le mot d’ordre « Liberté, Égalité, Visibilité ». Le cortège s’empare du centre-ville pour affirmer la présence des minorités de genre et de sexualité au cœur de la cité strasbourgeoise.
Ce premier rassemblement répondait à plusieurs enjeux clés :
- Inverser l’invisibilité locale : Sortir les sociabilités et les luttes queers de la seule sphère privée ou associative pour investir la rue.
- Affirmer des revendications politiques : Inscrire les demandes d’égalité et de lutte contre les discriminations dans le contexte local et alsacien.
- Créer un rendez-vous pérenne : Poser les fondations d’un événement annuel majeur, qui réunit aujourd’hui des milliers de personnes chaque mois de juin à Strasbourg.
L’acte fondateur du mouvement mémoriel et militant strasbourgeois
Cette première marche de 2002 a ouvert la voie à un ancrage durable de la culture et des revendications LGBTQIA+ dans la région. Elle a permis de renforcer le tissu associatif local et d’établir un dialogue régulier avec les institutions publiques et les habitantes et habitants de la ville.
Pour l’association Des Racines & des Queers, se souvenir du 15 juin 2002 constitue un hommage nécessaire aux personnes qui ont osé occuper l’espace public alsacien pour la première fois. Cette mémoire locale alimente directement la dynamique de transmission et de valorisation du patrimoine queer que nous menons aujourd’hui à Strasbourg.
L’équipe Des Racines & des Queers
