Chaque 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le sida constitue un temps de recueillement, de mémoire et de revendication politique. L’histoire de cette épidémie est indissociable de celle des communautés LGBTQIA+, qui ont su transformer le deuil et l’urgence sanitaire en un mouvement d’autodéfense, d’organisation collective et de solidarité durable.

Les dates clés de la mobilisation face à l’épidémie

Face au désengagement initial des pouvoirs publics et à la stigmatisation des malades, la réponse sociale et médicale s’est structurée grâce à l’action d’artistes, de soignant·es et de militant·es :

  • 1984 (Création d’AIDES) : Fondée par Daniel Defert après la mort de son compagnon Michel Foucault, AIDES devient la première association française de lutte contre le sida, axée sur l’accompagnement des malades, la prévention et le soutien communautaire.
  • 1er décembre 1988 (Première Journée mondiale) : L’Organisation mondiale de la santé (OMS) instaure la première journée internationale consacrée à une question de santé publique globale, visant à briser le silence entourant la maladie.
  • 9 juin 1989 (Création d’Act Up-Paris) : L’émergence d’Act Up-Paris importe en France un militantisme choc, visuel et direct. Par des actions coup de poing et une expertise médicale citoyenne, les militant·es forcent les laboratoires et les gouvernements à accélérer la recherche et la prise en charge.
  • 1991 (Création du Ruban Rouge) : Imaginé à New York par le collectif d’artistes Visual AIDS, le ruban rouge s’impose à l’échelle internationale comme le symbole de la solidarité avec les personnes vivant avec le VIH et du souvenir des disparu·es.

Les enjeux contemporains : prévention, traitement et lutte contre la sérophobie

Grâce aux avancées scientifiques majeures, la prise en charge du VIH a profondément évolué. Toutefois, le combat pour la santé globale et le droit des personnes se poursuit à travers plusieurs piliers essentiels :

  • Le traitement comme prévention (TasP / I=I) : Une personne vivant avec le VIH sous traitement effectif, avec une charge virale indétectable, ne transmet plus le virus (Indétectable = Intransmissible).
  • La PrEP et la réduction des risques : La profilaxie pré-exposition (PrEP) constitue aujourd’hui un outil de prévention diversifiée central pour limiter la propagation du virus.
  • La lutte contre la sérophobie : La déconstruction des préjugés et des discriminations envers les personnes vivant avec le VIH reste un impératif pour garantir un accès digne aux soins, au travail et à la vie sociale.

Transmettre la mémoire des luttes contre le VIH

Pour l’association Des Racines & des Queers, préserver la mémoire de l’épidémie du sida est une priorité. Honorer les disparu·es, les survivant·es et les militant·es qui ont façonné le soin communautaire permet de rappeler que la santé et l’égalité des droits restent des conquêtes quotidiennes.


L’équipe Des Racines & des Queers