Chaque 23 septembre, la Journée de la visibilité bisexuelle et pansexuelle met en lumière les parcours et les revendications des personnes attirées par plus d’un genre. Initiée à la fin des années 1990, cette date constitue un appel à déconstruire les préjugés mononormatifs, à combattre la biphobie et la panphobie, et à réaffirmer la légitimité fondamentale des pluri-attractions au sein de la société comme du mouvement LGBTQIA+.
Des origines de 1999 à la reconnaissance des pluri-attractions
Célébrée pour la première fois le 23 septembre 1999 lors de la conférence de l’ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association), cette journée a été créée par des militant·es pionnier·ères pour répondre à l’effacement systématique des vécus bisexualistes dans l’histoire et les luttes sociales.
Au fil des décennies, cette dynamique s’est enrichie pour inclure la pansexualité, l’omnisexualité et l’ensemble des fluidités sentimentales et sexuelles :
- L’émergence d’une organisation propre : En France comme à l’international, la constitution de collectifs et d’associations dédiés a permis d’offrir des espaces d’écoute, de solidarité et d’auto-support adaptés aux spécificités des pluri-attractions.
- La fin du déni historique : Rendre visibles les figures bi et pan du passé permet de rappeler que l’attraction pluri-genre a toujours existé et a activement contribué aux grandes étapes de l’émancipation queer.
Déconstruire la mononormativité et surmonter la double invisibilisation
Malgré des avancées culturelles majeures, les personnes bisexuelles et pansexuelles demeurent confrontées à un cadre social dominé par la mononormativité — le présupposé selon lequel une personne ne devrait être attirée que par un seul genre.
Cette norme entraîne des formes d’invalidation ciblées :
- Les stéréotypes invalidants : La réduction des identités bi/pan à une « phase transitoire », à une illégitime hésitation ou à une hypersexualisation.
- La double marginalisation : Le fait de subir des préjugés biphobes ou panphobes dans la société globale tout en faisant parfois face à un manque de reconnaissance ou à de l’invisibilisation au sein même des espaces communautaires.
- L’affirmation de l’autodétermination : Réaffirmer que le désir et l’amour ne sont pas soumis à des injonctions binaires ni à des choix exclusifs.
Transmettre la mémoire des pluri-attractions
Pour l’association Des Racines & des Queers, inscrire le 23 septembre dans le calendrier mémoriel constitue un choix politique et pédagogique fort. Documenter les parcours, les écritures et les mobilisations des personnes bi et pan permet de restituer la complexité de notre patrimoine collectif.
Célébrer la diversité des désirs et des identités est une condition indispensable pour bâtir une culture queer pleinement inclusive, solidaire et armée contre toutes les formes de discriminations.
